Année 2014

 

IN MEMORIAM

 

Gérard Leÿnaud

Après une longue maladie, notre confrère, le Docteur Gérard Leÿnaud est décédé le 6 décembre 2014. Il était membre du Conseil d’administration et de la Commission du dictionnaire biographique, pour lequel il avait rédigé de nombreuses notices. Malgré la distance qui le séparait de son Ardèche natale, en raison de son activité de chirurgien à Montluçon, il ne manquait jamais une réunion sans une excuse impérieuse, quitte à prendre la route nuitamment. En collaboration avec un confrère chirurgien, membre de l’ASLA, il avait préparé une série de conférences, dans le cadre de notre académie. Il était membre de l’Association française de chirurgie, auteur de publications dans sa spécialité, dont compte tenu du nombre, il ne nous avait communiqué que les titres des quatre dernières. Au seuil de la retraite il envisageait de se consacrer un peu plus à l’ASLA. Notre académie a malheureusement perdu un membre talentueux et efficace. Il plaçait un tréma sur le « ÿ » de son nom, car il tenait beaucoup à ce que l'on conserve la prononciation traditionnelle languedocienne.

Il repose au cimetière de Saint-Andéol-de-Vals dans le caveau familial.                                                                                                       D. B.

 

 Odette Pontal

             Née à Antraigues en 1918, Odette Pontal (née Gauthier) est décédée à Paris le 21 août 2014. Élève à l’Ecole des Chartes, elle se tourna vers son pays d’origine pour le choix de son sujet de thèse chartiste, Les seigneurs de Montlaur des origines au Xe siècle, soutenue en 1943.On peut penser que Jean Régné, archiviste départemental, a joué un rôle dans ce choix et qu’il s’est réjoui du souffle de jeunesse apporté dans son vieux dépôt de la rue de Vernon par deux étudiantes chartistes, O. Pontal et Nicole Maufront, cette dernière tournée vers les guerres de religion. Elle ne se dirigea pas immédiatement vers les professions dévolues aux chartistes, peut-être en raison de la carrière préfectorale de son mari, Gaston Pontal, et ce n’est qu’en 1958 qu’elle entra à l’Institut de recherche et d’histoire des textes, où elle fut ingénieur de recherche jusqu’à sa retraite en 1983. C’est dans cet Institut qu’O. Pontal va consacrer l’essentiel de ses travaux aux conciles et aux synodes de la France médiévale. Reprenant les recherches antérieures effectuées par une équipe de jeunes chartistes, elle publie en 1963 un Répertoire des statuts des diocèses de l’ancienne France, du XIIIe à la fin du XVIIIe siècle. Suivront plusieurs publications considérées comme des ouvrages de référence : en 1971 Les statuts synodaux français du XIIIe siècle, T. I, Les statuts de Paris et les synodes de l’Ouest, en 1975 Les statuts synodaux (collection typologie des sources ), en 1989 une Histoire des conciles mérovingiens, en 1995 Les conciles de la France capétienne jusqu’en 1215. On lui doit également une tentative de synthèse, Clercs et laïcs au Moyen Age, 1990. Parmi ses articles, toujours liés aux sujets précités, signalons son savoureux article sur Le différend entre Louis IX et les évêques de Beauvais ( BEC, 1965 ). Ces travaux lui valurent plusieurs prix accordés par l’Académie des inscriptions et belles lettres et par l’Académie Française. La retraite venue, O. Pontal n’oublia pas son pays d’origine, où elle avait gardé sa maison d’Antraigues, et donna à la « Revue du Vivarais » trois articles dont un, en 1988, reprenant sa thèse de 1943, Les seigneurs de Montlaur dans la région cévenole des origines au XVe siècle.

D. Dupraz

Pierre Aurousseau

Notre confrère Pierre Aurousseau est décédé en septembre 2014.

Pierre Aurousseau a commencé sa vie professionnelle  dans la région parisienne, mais c’est au lycée Marcel Gimond d’Aubenas qu’il  a fait l’essentiel de sa carrière (1973 – 1997). Professeur de Physique-Chimie, pédagogue exigeant et respecté, il a été reçu à l’agrégation.

Sa passion pour la photographie  s’est prolongée par un investissement croissant dans le monde de la botanique. Il fit, à ce sujet, une communication d’un grand intérêt  devant les membres de l’ASLA en novembre 2009. Ses confrères de la Société botanique de France lui confièrent les responsabilités de la trésorerie, mission dont il s’acquitta avec sa rigueur habituelle.

Y. M. 

 

Michel GUIGAL

Le 2 avril 2014 s’est éteint un ami, bien connu à MATP et de tous ceux qui s’intéressaient au patrimoine de l’Ardèche. J’ai connu Michel au début des années 80, comme lecteur des Archives départementales. Il y était en effet assidu, avec sa femme Paulette, et traquait ses ancêtres dont il disait en souriant qu’ils étaient tous originaires d’un mouchoir de poche autour de Quintenas, son village natal. Au fil du temps je découvrais que notre Annonéen avait de multiples talents, qu’il exerçait dans des domaines parfois inattendus. Vétérinaire, sillonnant les fermes du Haut Vivarais, il était aussi capable de recoudre la peau d’un boa du parc de Peaugres et, dans sa jeunesse, il joua de l’accordéon pour animer des bals de village. Passionné par le passé de son pays, il avait créé un groupe archéologique, d’abord au sein de la MJC, rattaché ensuite aux Amis du fonds vivarois. Il enchaîna prospections et fouilles à Andance, Talencieux et Limony.Il s’initia à la restauration et se lança dans celle de la mosaïque de Limony. Cette connaissance du territoire lui valut d’être nommé correspondant de la direction régionale des Antiquités historiques. Sa passion du patrimoine l’amena à la création en 1977 des Amis du fonds vivarois, aux activités multiples : recherche de documents, conférences, voyages, expositions, sans oublier les grandes manifestations des bicentenaires de la montgolfière et de Marc Seguin en 1983 et 1986. Le lien avec les Archives départementales s’affirmait par une visite collective de l’association en 1983, visite pour laquelle j’avais préparé de nombreux documents concernant Annonay

 

C’est peut-être dans le domaine de la généalogie que ses efforts rencontrèrent le plus de succès. Au-delà de son intérêt individuel, M. Guigal avait bien perçu les enjeux collectifs de cette nouvelle passion française : comment faciliter l’accès aux sources et comment canaliser les efforts individuels vers un but utile à tous les chercheurs ? Très vite il mit au point sa méthode : réaliser des fac-similés des registres paroissiaux conservés en mairie avec un photocopieur portatif, faire des tables alphabétiques de ceux-ci, relier le tout en volumes facilement prêtables par la poste. A partir des années 70 la photocopie des registres, jugée nuisible aux documents, était proscrite mais, s’agissant d’une opération qui n’était réalisée qu’une fois sur le même document, dans une perspective collective, je n’ai pas jugé, en tant que fonctionnaire chargé du contrôle sur les archives publiques, devoir m’opposer à cette pratique. La formule se mit en marche sous l’égide des Amis du fonds vivarois et, fort de son succès, M. Guigal me proposa de réunir aux Archives toutes les bonnes volontés, avec l’objectif de créer une véritable association départementale. Excédé comme beaucoup de mes collègues par la multiplicité des requêtes individuelles, particulièrement nombreuses en Ardèche, j’étais ravi d’avoir enfin un interlocuteur unique et compétent. Le 27 septembre 1989 une trentaine de personnes  décidèrent donc de créer la Société des amateurs de généalogie de l’Ardèche, plus connue sous le nom de SAGA. Dès lors la « machine » tourna à plein régime, avec plusieurs équipes, dont une affectée aux registres protestants et une autre à la reliure, et se dota, sans subvention, grâce au système des prêts, de photocopieurs et d’ordinateurs. Les résultats furent impressionnants : millier d’adhérents rapidement atteint, couverture quasi complète des paroissiaux, informatisation des tables, numérisation. Toujours soucieux du bien collectif, M. Guigal proposa de mettre à disposition du Département les CD-Roms réalisés afin de permettre l’accès à tous les paroissiaux de l’Ardèche sur le site du Conseil général, ce qui fut entériné par une première convention en 2005. Quel chemin parcouru ! Travail en tous cas reconnu par deux lettres de félicitations de Madame de Boisdeffre, directrice des Archives de France, en 2001 et 2005.

 

Il est impossible de tout dire. N’oublions pas ses nombreuses contributions aux cahiers de MATP, à la Revue du Vivarais, au bicentenaire de la Révolution à Annonay, ses publications, dont les fameux mémoires de l’abbé Léorat-Picancel. En ce qui regarde directement l’activité des Archives départementales M. Guigal, parfaitement désintéressé, a toujours agi en faveur de leur enrichissement. Une anecdote : ayant retrouvé et pris en charge des archives du marquis de Satillieu, je lui avais part de ma déception de ne pas avoir retrouvé la correspondance de deux éminents Ardéchois adressée à celui-ci. Quinze jours plus tard mon honorable informateur m’amenait les liasses avec un sourire mi-modeste, mi-triomphant.

 

          Et voilà l’image que j’aime garder de notre ami, imprimée dans la presse locale, celle du Docteur Guigal, les lunettes retenues par un cordon, expliquant avec bonhomie à un public villageois l’intérêt et les sources de la généalogie, avec cette bonhomie qui devait l’accompagner dans son travail de vétérinaire.

                                                                                                                                                                              D. Dupraz

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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