Académie des Sciences, Lettres et Arts de l'Ardèche

  

                                                               académie du Vivarais

   



BUTS de l'académie : contribuer à la vie scientifique et culturelle en développant les contacts entre les représentants des Sciences, Lettres et Arts de l'Ardèche.

 

  L'association

 

 ACTUALITÉS

liste des dernières mises à jour en  2018 :         DB 12-09-18 (forum)    DB et JLB  18-09-18 (forum)   DB-03-11-18 (calendrier)  DB 06-11-18 (nouvelles brèves DC)  JB 14-11-18

  Bilan des séances précédentes (2018) 


- 10 janvier, commission Site

   

- 11 mars à 9h30, Conseil d'administration au Centre culturel de Lussas

 

- 17 mars, à 14h30,  Centre culturel de Lussas, conférence de M.- N. Bourguet

 

- 2 mai, Commission FORUM 2018

 

- 26 mai à Fabras,

      - Commission du dictionnaire

       - visite du château du Pin puis de l'église de Fabras


mardi 5 juin 2018 à 14 h 30 au CAUE de l'Ardèche, à Privas

-  mercredi 20 juin à 10 h, réunion du Conseil d'administration

 

. 19 octobre, FORUM 2018 :

"Habitat et environnement en Ardèche, recherche et adaptation au milieu, du néolithique à nos jours"

 

  


   


Bilan des séances précédentes (2017) 

 

. 25 novembre  Assemblée Générale à Notre-Dame-d'Ay, 

salle en face de la chapelle (Saint-Romain-d’Ay)

 

14 h Assemblée Générale


15 h Visite de la chapelle du XIXe siècle et du site avec Madame Josiane Vernay.

Présentation du donjon médiéval restauré par notre confrère architecte Laurent Béchetoille.

 

 

. 30 septembre  "Hommage à Robert Saint-Jean" à Joyeuse  


   -Daniel Le Blévec, vice-président de l’ASLA :

"Robert Saint-Jean, enseignant-chercheur et conférencier"


   -Géraldine Mallet, professeur d’histoire de l’art médiéval à l’Université Paul-Valéry, Montpellier :

"L’apport de Robert Saint-Jean à la connaissance de l’art roman méridional"


   -17 h - Visite sur le terrain du site de Drome Laveyrune sous la conduite de J. Dupraz

 

  . 24 mars 2017 : au château de Tournon, CA puis vernissage de l'expostion sur l'œuvre de Gérard Dérieux, notre confrère décédé.

 

 
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Prochaines séances publiques en 2018 :  

  

 

 

. 24 novembre à Tournon, Château de Tournon

14 h 30, conférence d’Éric Baratay (université Lyon 3) sur Les animaux dans la Grande Guerre.

16h, Assemblée générale

          ---------------------

 

 

Réunions d'administration

 

  

. 24 novembre au Château de Tournon

    10 h, Commission du dictionnaire,

puis Conseil d'administration

    -  16 h, Assemblée générale

 


 

 


                                             


 

 

 



 

 

   





 

   

 

 

 
PUBLICATIONS
de nos confrères

 

   Bibliothèque

  de l'académie

                   

   Les animaux dans la Grande Guerre,

              retrouver leurs vécus

 

 

                   par Eric Baratay

 

          professeur d'histoire contemporaine à l'Univeresité de Lyon

 

              Samedi 24 novembre 2018 à 14h30

                     au Château de  Tournon

 

 

                                             

      

 

 

Environ 11 millions d’équidés, 100 000 chiens, 200 000 pigeons : les animaux ont été enrôlés en masse dans la Grande Guerre, pour porter, tirer, guetter, secourir, informer… Les tranchées ont également abrité des milliers d’animaux domestiques ou de ferme, abandonnés par des civils en fuite, et d'animaux sauvages coincés au milieu du front, mais aussi des rats, des mouches, des poux, attirés par l'aubaine. Parfois pourchassés, plus souvent gardés et choyés, ils ont fréquemment aidé les soldats à survivre dans l'enfer, à s'accrocher à la vie, à occuper leur temps. Mais, alors que les combattants de tous bords ont beaucoup évoqué, avec reconnaissance, ces compagnons de guerre, nous les avons oubliés.

La conférence invite à retrouver ces « soldats à quatre pattes » et tous ces animaux ayant vécu la guerre en empruntant leur point de vue, de manière à restituer leurs vécus, leurs actions, leurs émotions, leurs coopérations ou leurs résistances, leurs souffrances et leurs destins, afin aussi de mieux comprendre les attitudes et les sentiments des soldats dans un panorama international des deux côtés du front ouest.


  

 

Le conférencier

Éric Baratay,membre de l’Institut universitaire de France, professeur d'histoire contemporaine à l'université Lyon 3, est spécialiste de l'histoire des animaux. Il a publié Bêtes des tranchées, des vécus oubliés, Biblis, 2017.

 
ACTIVITÉS de nos consoeurs et confrères
 
 

Le vendredi 8 juin 2018 – Salle de l’Orangerie de l’Hôtel de ville

                                Conférence de  Louk de la Rive Box

 

       « Le mas du Coiron : un patrimoine millénaire »



« Les premières mentions historiques des mas du Coiron datent du VIIe siècle, mais probablement leur histoire est encore bien plus ancienne. Les lieux-dits correspondant à certains mas étaient probablement connus au temps Gallo-Romain et selon certains auteurs, dont M.Bloch, il n’est pas exclu que la tenure agraire typique du mas ou mansum ait des racines celtes. Ainsi le mas vivarois, ou celui du Coiron en particulier, a des traits en commun avec le Hufe en Germanie, le hoeve en Flandres et le hide en Angleterre. Sociologue de formation, Louk de la Rive Box s'intéresse particulièrement à l’histoire sur le long temps de ces mas et de leurs résidents (ou mazoyers) à travers les généalogies et de ceux choisis autour d’Aubignas, Rochemaure, Saint-Laurent-sous-Coiron et Saint-Pons depuis environ la fin du quatorzième siècle jusqu'après la Grande Guerre.»

 

 

Vendredi 22 juin 2018, au Cinéma Le Navire d'Aubenas

Conférence, à l’occasion du 4e anniversaire de l'inscription de la grotte Chauvet au patrimoine mondial de l'Unesco, par notre confrère Jean Clottes, expert mondial de l'art pariétal et ancien Président du comité scientifique de la grotte Chauvet, conjointement avec Jean Rouaud, Prix Goncourt et auteur de l'essai "La splendeur escamotée de frère Cheval ou le secret des grottes ornées".

Cette conférence a été suivie d'une séance de dédicaces avec les 2 invités et d'un apéritif convivial.

 

    

                                 

    le vendredi 6 juillet 2018

 

Notre consoeur, Bernadette Menu, dans le cadre de son séminaire, a fait une conférence publique à Lanas (salle polyvalente)

"Droit, justice, équité, et le concept de maât dans l'Égypte pharaonique" (avec diaporama).

La conférence sera suivie d'une signature de son livre, Maât. L'ordre juste du monde, coll. Le Bien Commun, Paris, Michalon, 2005, et de l'ouvrage collectif, Le juste et le sacré : les territoires de la faute dans l'Égypte ancienne, en Mésopotamie et dans la Bible, publié sous sa direction dans la revue Droit et Cultures n°71/1, Nanterre, 2016 (travaux du Séminaire Ardéchois de Droit Egyptien Ancien, Lanas : années 2013 à 2016, 216 p.).

 

        

Nouvelles brèves :      

- Notre confrère Jacques Debelmas est décédé le 30 avril 2018. Il était membre de l'académie Delphinale, titulaire de la dernière chaire de Géologie à l'Université de Grenoble, et auteur de nombreux ouvrages de géologie

- Notre consoeur, Elisabeth Cooymans était une cantatrice mezzo-soprano et professeur de chant qui a fait une carrière internationale.Elle était entrée dans notre académie en 1990, section Arts, fauteuil A11.

- Notre confrère Joël Unal, architecte, vient de décéder. Nous avions visité sa maison futuriste à Labeaume en 2013. Il était entré dans notre académie en 2011, section Arts, fauteuil A7

 

 

 

 

 
Conférences
*****
 
OUVRAGES de nos Consoeurs et confrères
 
 

L'occupation allemande en Ardèche (1942-1944)
et la retraite de la Wehrmacht du Midi de la France
en août 1944

par notre confrère le général Bruno Chaix

 
 
 
 
 
 

Présentation et bon de commande

 

http://www.memoire-ardeche.com/

 
 
 
 
ALEXANDRE DE HUMBOLDT, UN VOYAGEUR DES DEUX MONDES (1769-1859)
 
de Marie-Noëlle BOURGUET
professeur émérite d'histoire moderne

   

 

V

 

 

                       IVe forum Recherche et territoire de

     l’Académie des sciences lettres et arts de l’Ardèche


  

                              HABITAT ET ENVIRONNEMENT EN ARDÈCHE,

                            adaptation aux contraintes hier et aujourd’hui

 

 

Les communications seront publiées dans le volume 1-2019 de la

Revue du Vivarais




Résumés des interventions


Joëlle Dupraz, archéologue, chercheure associée à l’UMR 5140 Montpellier université Paul Valéry et membre de l’UMR 7299 Université Aix-Marseille-CNRS Centre Camille Jullian


Adaptation de l’habitat aux contraintes naturelles et culturelles dans la ville gallo-romaine d’Alba en Ardèche


Résumé

Le sauvetage du site archéologique d’Alba en Ardèche dans la seconde décennie du XXe siècle a provoqué son étude et engendré de nombreux articles et publication. Deux ouvrages sont encore en cours, l’Atlas topographique des villes antiques d’Alba et Viviers et le Sanctuaire de Bagnols à Alba. L’objet principal de tous ces travaux étant la ville sous tous ses aspects, l’habitat (et plus largement les constructions publiques) avec son environnement, ses contraintes et son évolution constitue un chapitre important de l’histoire d’Alba. Du Ier siècle av. n. ère au début du VIe s. de n. ère, on découvre des adaptations aux contraintes naturelles plus ou moins modulées selon le degré de technicité des sociétés qui se succèdent sur ce site mais aussi des contraintes culturelles endogènes ou exogènes avec l’arrivée de conquérants.


Bio-bibliographie

Joëlle Dupraz, pensionnée de la fonction publique, a été archéologue-ingénieure d’étude au MCC (DRAC/SRA Rhône-Alpes) puis en Collectivité Territoriale (Cd07), responsable du Département de l’Ardèche et responsable scientifique du programme de sauvetage, recherche et valorisation du site archéologique d’Alba. Elle dirige actuellement la publication en cours de l’Atlas Topographique des villes antiques d’Alba et Viviers (Atlas Topographiques des Villes de Gaule Méridionale RAN, n°4).


DUPRAZ J., RIGAUD P., « Alba, Ardèche », in La maison urbaine d'époque romaine, Atlas des maisons de Gaule narbonnaise, (Documents d'Archéologie Vauclusienne, 6), A.P.R.A.V., 1996, p. 64-83.


DUPRAZ J., notice Alba, p.97-194, in DUPRAZ (J.), FRAISSE (Ch.) Carte Archéologique de la Gaule. Ardèche, Académie des inscriptions et Belles Lettres, Paris, 2001, 496 p.

LAUXEROIS R., Le Bas Vivarais à l'époque romaine, recherches sur la cité d'Alba, Paris, De Boccard, 1983, 320 p.

GROS P., L’Architecture Romaine 2. Maisons, palais, villas et tombeaux, l’habitat urbain p.191, Picard, 2001, 527 p.



Pierre-Yves Laffont, Maître de conférences en histoire et archéologie médiévales à l’Université Rennes 2, membre et ancien directeur du Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences et Histoire (UMR 6566 du CNRS).


L’histoire, l’archéologie et l’ethnologie au service de l’habitat rural d’époque médiévale et moderne en Ardèche


Résumé

La communication proposée vise tout d’abord à dresser un rapide bilan des travaux déjà menés en Ardèche, tant par les historiens, les ethnologues que par les archéologues, sur l’habitat rural du second Moyen Âge et de l’époque moderne. Elle vise aussi à insérer ceux-ci dans le contexte plus large des études menées sur ce sujet en France (et même dans quelques autres pays européens) depuis la fin du XIXe siècle. Elle a, enfin, pour objectif de proposer quelques perspectives nouvelles d’étude dans ce domaine pour le département.


Bio-bibliographie

Pierre-Yves Laffont est Maître de conférences en histoire et archéologie médiévales à l’Université Rennes 2, membre et ancien directeur du Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences et Histoire (UMR 6566 du CNRS).

Ses travaux, mobilisant à la fois les ressources de l’archéologie de terrain et celle des sources écrites et iconographiques, portent sur la monumentalisation du pouvoir des élites au Moyen Âge (archéologie des résidences aristocratiques) et, plus récemment, sur l’application des méthodes de l’archéologie (fouille, étude de bâti, archéométrie) à l’habitat rural dit « vernaculaire ».


LAFFONT P.-Y., 2018, « Pour une nouvelle approche de l’habitat rural dit vernaculaire. L’exemple de l’étude archéologique de la ferme de Clastre (Sainte-Eulalie, Ardèche) », dans Beck. C., Guizard F.,


SANTINELLI E., Robert Fossier, les hommes et la terre. L’histoire rurale médiévale d’hier et d’aujourd'hui (actes du colloque de Valenciennes, 26-27 novembre 2015), Valenciennes, Presses Universitaires de Valenciennes, p. 113-134.


LAFFONT P.-Y., 2018, « L’étude archéologique de la ferme de Clastre à Sainte-Eulalie. Premier bilan 2014-2015 », Ardèche Archéologie, n° 35, p. 67-73.


HAOND L., LAFFONT P.-Y., sous presse, « Les couvertures de genêt du Massif central. Perspectives historiques, techniques et patrimoniales », Actes du 3e congrès francophone d’histoire de la construction (Nantes 21-23 juin 2017), Paris, Éditions Picard.



Laurent Béchetoille, architecte DPLG


L’habitat à l’époque moderne


1-Comme la majorité des dates inscrites sur les linteaux le prouvent, la construction « en dur» et donc l’architecture des fermes qui perdure aujourd’hui sur le plateau ardéchois se multiplie à partir de l’époque dite moderne, soit au milieu du XVIIIe siècle.

Les écarts se forment pour devenir l’essentiel des petites structures architecturales, appelées communément « fermes », tandis que les constructions avec maison de maître et les hameaux sont implantés comme les lointains héritiers des époques précédentes (Haut moyen-âge).

Au cours de l’évolution, l’époque « MODERNE » favorise la dispersion de l’habitat grâce à des conditions de sécurité retrouvées correspondant ainsi à la contrainte historique. Mais la dispersion de l’habitat rural n’a pu se faire qu’à la faveur des contraintes géologiques, géographiques de la région avec, sur le plateau de Saint-Agrève, de nombreux points d’eau et un relief favorable et surtout à la faveur de la structure foncière issue des conséquences de la révolution française.

2-La présentation de cette ferme du plateau de Saint-Agrève va nous permettre de comprendre que cet habitat s’intègre dans son environnement en s’adaptant parfaitement aux contraintes de cette époque (XVIIe et XIXe siècles).

2.1 La ferme de base

C’est l’unité d’habitation, habitat tant des hommes que des bêtes, correspondant à l’exploitation élémentaire. « C’est un exemple extraordinaire d’une vie où l’homme se suffit à lui-même et à ses besoins. »

2.2 Le site

C’est sûrement dans l’art de s’intégrer dans le site que les anciens constructeurs ont atteint la perfection. Ce n’est pas un hasard que des gens aussi « près de la nature » et aussi « savants »dans la connaissance de ses lois, aient su trouver les meilleures implantations.

2.3 Le volume

C’est par le volume que se traduisent tout à la fois les fonctions, les contraintes, l’économie de l’exploitation et peut-être même le caractère des hommes. Ainsi ce volume, le plus simple qui soit, parallélépipède couvert par deux pentes, apparaît par sa généralisation sur le plateau comme le caractère premier de l’architecture du pays de Saint-Agrève : Il reflète tout à la fois l’esprit carré et le bon sens » des hommes, la rudesse de la vie et du sol, les matériaux et l’économie du pays.

3-Intégration dans son environnement

La qualité fondamentale de la construction rurale, en l’occurrence « la ferme du haut plateau » réside dans ses principes d’intégration qui ont permis dans toutes les régions de France de fondre l’habitat rural dans son environnement : Horizontalité des lignes générales, Masse croissante, Pulsation décroissante, Mimétisme des formes, Mesure en rapport avec l’homme, Architecture évolutive, polyvalente,

4-Conclusion

La ferme du plateau du Haut-Vivarais aux alentours de Saint-Agrève peut être perçue dans son environnement comme la synthèse des contraintes naturelles (climatiques, géographiques, géologiques…) et de l’expression de la vie des hommes : Elle est l’unité d’habitation et d’exploitation, habitat tant des hommes que des bêtes. Elle est l’outil de base de la vie paysanne, construite à la mesure de l’homme. C’est dans l’Art de s’intégrer dans leur environnement que les constructeurs ont atteint une certaine perfection répondant aux contraintes spécifiques du plateau ardéchois et à son économie.


Bibliographie

Laurent BÉCHETOILLE, Vie et architecture paysanne en Haute-Ardèche. La ferme Saint-Agrévoise et sa construction traditionnelle, Saint-Agrève, 1990.



Éric Grasset, Maître de conférences en aménagement, gestion et développement des territoires Université de Lyon (Jean Moulin) et Laboratoire d’études rurales, EA 3728, Lyon. Président d'honneur du Conseil Scientifique du PNR des Monts d’Ardèche

NB : Indisponible, l’auteur n’a pas pu présenter sa communication qui figurera néanmoins dans les actes du Forum


D’habiter en Ardèche à habiter l’Ardèche, comment aménager un espace commun

Résumé

Après plusieurs décennies de perte de population, la plus grande partie de l’espace rural est l’objet d’un réinvestissement croissant par des populations urbaines. Le temps passe… depuis les années 2000, les néo-ruraux des années 70 sont remplacés par les « nouveaux habitants ». Le paysage social continue d’évoluer et si parfois la population de certaines communes ardéchoises peut apparaître de plus en plus hétérogène, d’autres lieux vivent un phénomène de gentrification rurale.


En Ardèche, comme ailleurs, l’installation de nouveaux habitants choisissant de télé-travailler à temps complet et avant tout depuis leur domicile permet aux campagnes de redevenir un lieu d’habitat éligible (un possible géographique pour habiter) pour une population qui cumule santé, capital intellectuel et capacités matérielles. Cette population a un projet d’habitat qui se construit en contre-point à l’installation des néo-ruraux ou de l’habitat léger actuel, en intégrant pour choisir sa résidence un savant dosage entre une culture urbaine, dont l’abandon n’est pas envisagé, et des prestations rurales. Cette population choisit son lieu d’habitat dans un compromis territorial (débit internet, offre de services, paysages) qui semble relever d’un travail artisanal entre inventivité et maîtrise des procédures.


Si pour beaucoup, la contemporanéité de l’habitat est une question de forme architecturale, nous pensons qu’elle est avant tout une question de conception sociale. Habiter ce n’est pas seulement se loger en Ardèche. Les nouveaux modes d’habiter laissent apparaître de nouveaux besoins et de nouveaux usages qui questionnent actuellement l’ingénierie territoriale :


À cela il faut ajouter, les questions passionnantes du développement de l’innovation dans les services, question récurrente, car obligatoirement adaptative et liée aux habitants. Globalement, on ne reviendra pas à l’armature commerciale privée ou en services publics des périodes antérieures. S’il apparaît dans le paysage des centres-bourgs des stigmates de la régression commerciale (vacance commerciale), l’offre de services se restructure autour d’un double mécanisme (petites supérettes/commerces multiservices) auquel peuvent s’ajouter des marges passionnantes pour le développement de services mobiles (services itinérants avec épicerie à domicile par ex.) pris en charge par les usagers et/ou par les collectivités territoriales. Le questionnement par les services aux populations doit permettre de dépasser l’organisation juridique des services pour se centrer sur les besoins des habitants. C’est aussi à partir de ces nouvelles formes d’habiter que des innovations pour faire perdurer les services publics peuvent émerger du rural… pour être transposées vers l’urbain.



Bibliographie

BOUR E., 2013, Les représentations de l'identité communale : psychosociologie d'un village re-composé, Gigouzac, Université Toulouse le Mirail - Toulouse I.


Coordination Nationale des Associations de l’Habitat Participatif, 2012, Livre Blanc de l’habitat participatif, 45 p.


GRASSET É., 1999, Les Services aux populations dans le développement territorial en montagnes méditerranéennes : application à l'Ardèche méridionale et au Diois, Université Joseph Fourier, Grenoble.


SAJOUS P., 2014, « Mobilité résidentielle des télétravailleurs dans le département du Gers. Une nouvelle façon d’habiter entre ville et campagne ? », Sud-Ouest européen37 | 2014, pp.117-127.


VOLAT G., 2013, L’habitat rural entre 1999 et 2009 : des évolutions contrastées, CGED, coll. Le point sur, n°179.






Pierre-Antoine Landel, Maître de conférences en géographie à l’Université Grenoble Alpes, laboratoire PACTE, CERMOSEM (Le Pradel). Président du Conseil Scientifique du PNR des Monts d’Ardèche


Les terrasses ardéchoises et cévenoles, milieux « ancreurs » des spécificités locales


Résumé

Les paysages des pourtours méditerranéens sont marqués par des terrasses, définies  comme une « occupation des pentes en une série de paliers proches de l’horizontale et en marches verticales ». Elles s’observent en Algérie, Espagne, France, Grèce, Italie, Liban, Maroc, Turquie. Même si elles peuvent être rencontrées dans d’autres régions de la planète, elles résultent d’une histoire longue de construction, d’habitation et de valorisation des pentes, combinant la mobilisation des matériaux  à des savoirs faire uniques, transmis de génération en génération. La mémoire de leur construction et des activités associées marquent l’identité de ces arrière-pays, susceptibles de réunir leurs habitants et les acteurs qui y sont attachés.

 

En cela, les terrasses sont un profond marqueur des dynamiques des arrière-pays méditerranéens. Elles témoignent des trajectoires empruntées par les territoires qui les constituent. Elles amènent à interroger la diversité de leurs formes contemporaines, et à analyser les processus susceptibles de les expliquer. En réponse à la puissance  globalisation, les terrasses seraient elles support de relances productives et d’innovations ?


Notre hypothèse est  que par leur inscription dans l’histoire longue des territoires et la  construction des paysages, les terrasses constituent des milieux "ancreurs" des spécificités. L’intensité de l’ancrage varie en fonction des spécificités mais aussi des organisations engagées dans les processus de spécification. Pour la discuter, nous interrogerons les liens entre les formes des terrasses et les dynamiques des arrières pays méditerranéens.


Bio-bibliographie

Pierre-Antoine Landel est ingénieur en agriculture et diplômé en sciences économiques. Ingénieur en chef des collectivités territoriales, il y a occupé durant 20 ans des emplois de direction dans les domaines de l'agriculture, de l'environnement puis de l'action culturelle. Il a rejoint l'Université Grenoble Alpes en 2000, et développe des travaux de recherche dans le domaine du développement territorial. Il a en outre été élu local de 2008 à 2013, Vice Président d'une Communauté d'agglomération et Président d'un Syndicat Mixte de SCoT.

Sa posture particulière, à l'interface entre recherche et action, lui permet d'interroger la place de  l'expérience dans la construction de connaissances transmissibles dans le champ du développement territorial. Il interroge en particulier la construction de l'intelligence territoriale, à l'interface entre les savoirs locaux, les savoirs importés et les savoirs construits dans l'action. Dans un contexte de territorialisation des politiques publiques, il interroge l'autonomie des acteurs et des organisations, ainsi que leur capacité à participer à la construction de leurs projets de territoire.

Engagé dans l'équipe du CERMOSEM, implantée à Mirabel dans le Sud de l'Ardèche, ses terrains de recherche privilégiés sont ceux des arrière pays méditerranéens, au Nord et au Sud, plus particulièrement au Maroc. Ils portent  sur la construction des ressources territoriales, et plus particulièrement sur la mobilisation des patrimoines dans les processus de spécification puis d'ancrage des spécificités aux territoires. Elles interrogent aussi l'évolution des relations entre métropoles et arrières pays, et les innovations sociales qui peuvent y être associées. 

Lien ResearchGate : 

https://www.researchgate.net/profile/Pierre_Antoine_Landel


BLANC J.-F., 1984, Paysages et paysans de l’Ardèche, Imprimerie du Vivarais, Annonay, 321 p.


BOYER G., REYNE J., 2005, Le renouveau du vignoble en Ardèche, Eds La Mirandole, Images et traditions


CHASTAN C., MANNENT R., 2003, Le Picodon, un fromage dans les étoiles, Histoire et histoires d’une passion dans l’Ardèche et dans la Drôme, Valence (Drôme) : Syndicat du Picodon, DL 2003


GARCON L., 2015, Réinventer les pommes et les pommes de terre : une géographie de la qualité à l’épreuve des produits ordinaires, thèse de doctorat en géographie  soutenue le 11 septembre 2015


Le Picodon, 1998, Editions à Die


Mémoires de l’Ardèche et du temps présent, 2015, Châtaignes et châtaigniers, Nouveaux Usages, nouvelles pratiques, N° 128





Flore Vigné, doctorante à l’Université Grenoble Alpes, en contrat CIFRE PNR des Monts d’Ardèche/CERMOSEM (Grenoble)

Habiter l’industrie en Ardèche : état des lieux et perspectives

Résumé

L’histoire industrielle très riche de l’Ardèche a laissé de multiples vestiges, notamment un héritage bâti considérable : les moulinages, filatures, tanneries, carrières et mines occupent la majorité du corpus. Dès leur fermeture ou après un temps de friche, certains sites ont été réinvestis et habités, par une grande diversité d’acteurs et avec une grande diversité de résultats. En effet, une des caractéristiques des industries ardéchoises, comme beaucoup d’industries rurales, est qu’elles sont dispersées le long des vallées, et non concentrées : ainsi on trouve peu de projet de revitalisation globale comme cela peut-être le cas en espace urbain. Cette présentation se propose de passer en revue les opportunités et les contraintes offertes par les sites industriels ardéchois dans le cadre d’une reconversion et de proposer quelques exemples de réappropriations de sites par ses habitants. Mais c’est surtout l’occasion de questionner le rapport de l’habitant à la dimension patrimoniale des lieux : à l’histoire et à la mémoire qu’ils portent. Quelles conséquences peut avoir cet investissement cognitif, esthétique, affectif supplémentaire - on pourrait dire aussi, la prise en compte de cette ressource ? Et habiter, est-ce seulement se loger ? Nous tenterons de répondre à ces questions avec quelques premiers éléments de terrain et le support de nos lectures.


Bio-bibliographie

Après des études en histoire et en développement territorial (Géographie) à Grenoble et Lyon, Flore Vigné a travaillé pendant trois ans auprès de l’association Patrimoine Aurhalpin, pour la valorisation des patrimoines de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Son projet de thèse, porté par le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche dans le cadre d’un financement CIFRE et par le laboratoire PACTE / CERMOSEM, vise à mieux connaître les reconversions actuelles du bâti industriel ardéchois et les interactions entre patrimoine et innovation. Son travail a commencé en avril 2017 et elle est dirigée par Marie-Christine Fourny et Pierre-Antoine Landel.


GILLES DI PIERNOT, E. et VIGNÉ, F., Les ensembles industriels remarquables, une démarche participative à l’échelle régionale, dans Un Héritage à gérer, le patrimoine industriel de l’Ardèche, n°127, Mémoire d’Ardèche et Temps Présent, 2015.


VIGNÉ, F., Industrial heritage and transition studies in a rural area of south of France / Patrimoine industriel et transition dans un espace rural du Sud de la France, dans Actes du colloque du TICCIH, 2018




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